Théo Luhaka mis en examen

Théo Luhaka, devenu un symbole des violences policières après son interpellation musclée en 2017, a été mis en examen dans une vaste affaire d'escroquerie portant sur des centaines de milliers d'euros d'aides publiques. 

Le président Hollande s'était même rendu à son chevet. Théo Luhaka, grièvement blessé par des policiers lors d'un contrôle d'identité auquel il n'avait pas voulu se soumettre à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), en 2017, a été mis en examen dans une affaire d'escroquerie, rapporte l'AFP. Le jeune homme, qui suite à son interpellation violente n'a eu de cesse de multiplier les apparitions dans les médias pour raconter combien sa vie est devenue difficile, est accusé d'avoir pris part à une vaste escroquerie aux aides publiques, via des associations. 

Le 31 juillet, Théo Luhaka a été mis en examen pour "escroquerie en bande organisée, blanchiment, faux et usage de faux et travail dissimulé au préjudice d'un organisme chargé d’une mission de service public". Début juin, il avait été placé en garde à vue avec quatre de ses proches, avant de repartir libre. Seul l'aîné de la fratrie Luhaka, Mickaël, avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, dans le cadre de l'enquête pour détournements d'aides publiques ouverte par le parquet de Bobigny en juin 2016. 

Plusieurs membres de la famille Luhaka sont accusés d'avoir détourné à leur profit des centaines de milliers d'euros, par le biais d'associations ou de sociétés auxquelles avaient été octroyées des aides sociales pour des "emplois avenir". Rien qu'avec la société Aulnay Events, dirigée par Mickaël Luhaka, la famille de Théo aurait perçu 643.000 euros de subventions de l'État, dont une majeure partie a été reversée sur les comptes de huit membres de la famille. Théo aurait pour sa part reçu 52.000 euros. Quant aux 42 salariés de la société, ils n'auraient été pas du tout ou très peu payés... De plus, la société Aulnay Events n'a jamais réglé les montants dus à l'Urssaf (370.000 euros).

Pour l'avocat de Théo, Me Antoine Vey, cette affaire est "une non-affaire", qui "correspond à une volonté de nuire à son image en le présentant comme un délinquant afin de le décrédibiliser."

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