Taïwan écarté de l’OMS

Depuis 2016, Taiwan a été exclu des discussions sur la santé mondiale. Pourtant, sa participation aurait pu sauver des vies. En effet, grâce à son anticipation de l’épidémie, Taïwan ne compte que 100 cas.

Actuellement, 450 150 des 23 millions de citoyens de Taïwan résident en Chine continentale et 400 000 y travaillent. À son point le plus étroit, le détroit de Taïwan entre l'île et la Chine continentale n'est qu'à 130 km. Taïwan devrait donc être au cœur d'une importante épidémie de coronavirus. Au lieu de cela, au 18 mars, elle n'avait enregistré que 100 cas, contre plus de 80 000 en Chine et des dizaines de milliers dans plusieurs pays d'Europe. Ce n'est pas un hasard.

Tirant les leçons de l'expérience du SRAS en 2003, Taïwan était prête lorsque l'épidémie de Wuhan s'est déclarée. Après les premières notifications fin de 2019, Taipei a rapidement déployé une combinaison de mesures pour identifier et contenir le virus, y compris l'utilisation de données importantes pour aider à contenir les cas potentiels.

Jusqu'en 2016, Taïwan était autorisé à participer à l’assemblée annuelle en tant qu'acteur. Ce n'est plus le cas, et depuis trois ans, sa demande d'invitation est rejetée. Si elle souhaite participer aux organes de travail techniques de l'OMS composés d'experts de la santé qui se penchent sur des problèmes spécifiques, elle doit à chaque fois faire une demande et sa participation est régulièrement bloquée puisque la Chine refuse de considérer Taiwan comme un pays.

Il est pourtant indéniable que Taïwan est le pays qui a su le mieux anticiper l’épidémie. En effet, depuis le 6 février, les citoyens chinois sont interdits de séjour sur le sol taïwanais et toutes les personnes venant des provinces devaient se placer en quarantaine. De plus, la majeure partie de la population est équipée de masques et les hôpitaux ont été équipés de milliers de lits de réanimation.

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