Syrie : l'armée russe fait passer des images de jeux vidéo pour des preuves "irréfutables"

Le ministère russe de la Défense a accusé les États-Unis d'aider le groupe État islamique. Pour appuyer ses propos, il s'est basé sur des "preuves irréfutables" : des images d'un jeu vidéo...

L'affaire pourrait prêter à sourire, si elle n'était pas aussi grave. Car il s'agit bien là des relations diplomatiques entre les États-Unis et la Russie. Mardi, l'armée russe a accusé les Américains de "couvrir" le groupe État islamique en Syrie. Dans sa démonstration, l'armée s'est appuyée sur des preuves qu'elle a qualifiées d'"irréfutables". Or cette démonstration a rapidement été moquée sur les réseaux sociaux, puisqu'il ne s'agissait pas d'images satellites, mais d'une capture d'écran d'un jeu vidéo.

L'affaire débute lorsque le ministre de la Défense publie sur ses comptes officiels des images aériennes en noir et blanc. Ces clichés auraient été pris le 9 novembre dernier à la frontière irako-syrienne. Des photos qui, selon lui, donnent "la confirmation irréfutable que les États-Unis, tout en simulant pour la communauté internationale une lutte implacable contre le terrorisme, assurent une couverture à des unités de l'État islamique", assure le ministère russe dans un communiqué.

La supercherie repérée

C'est l'ONG Conflit Intelligence Team qui a rapidement découvert la manipulation. Ces images proviennent en réalité d'un jeu vidéo de guerre "AC-130 Gunship Simulator: Special Ops Squadron". 

Le ministère russe ne serait pas seulement servi de ce jeu vidéo, mais également d'images diffusées par le ministre irakien de l'Intérieur en 2016 présentant des bombardements de son aviation contre des djihadistes.

Les images ont été supprimées par l'armée russe qui a expliqué qu'il s'agissait d'une "erreur" commise par un employé civil. Une boulette forcément moquée par l'armée américaine. "Les communiqués du ministère russe de la Défense sont à peu près aussi exacts que leurs frappes aériennes", a réagi le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la coalition internationale anti-djihadiste. D'après lui, cet incident est "conforme à ce que nous voyons sortir du ministère russe de la Défense : c'est sans fondement, inexact et complètement faux".

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