Soupçons de financement d'entreprise terroriste : le siège de LafargeHolcim perquisitionné

Le cimentier aurait passé des arrangements suspects avec le groupe État islamique, alors que les terroristes gagnaient du terrain en Syrie.

Une perquisition a eu lieu ce mardi au siège parisien du groupe LafargeHolcim. La société a confirmé qu'il s'agissait de recherches en lien avec l'enquête sur la cimenterie installée à Djalabiya, dans le nord de la Syrie.

"LafargeHolcim confirme qu’une perquisition est en cours à son siège corporate français (…) et coopère pleinement avec les autorités, mais ne peut faire d’autre commentaire car il s’agit d’une enquête en cours", a précisé un porte-parole du groupe, confirmant une information de France Inter.

Le parquet de Paris avait annoncé en juin dernier, avoir ouvert une information judiciaire contre LafargeHolcim, pour financement d'entreprise terroriste et mise en danger de la vie d'autrui. Deux juges d'instruction du pôle financier et un magistrat instructeur du pôle antiterroriste ont été saisis.

Les enquêteurs doivent notamment comprendre la nature des liens qu'a pu avoir le cimentier avec des groupes en Syrie, dont le groupe État islamique, afin de pouvoir continuer à faire fonctionner le site de Djalabiya, et ce, malgré la guerre civile qui sévissait dans la région. Finalement, le groupe terroriste s'est emparé de la cimenterie en septembre 2014.

Visé par plusieurs plaintes

Plusieurs ONG, comme l'association Sherpa, ainsi que le ministère français de l'Économie avaient déposé des plaintes contre LafargeHolcim fin 2016, en se basant sur des révélations d'anciens employés de l'usine.

Selon une enquête interne, l'usine aurait bien procédé à des paiements à destination de groupes armés en Syrie afin de pouvoir continuer à faire fonctionner la cimenterie. Des pratiques "inacceptables", selon les résultats de l'enquête.

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