Sénégal : des bûcherons massacrés dans une forêt en Casamance

13 bûcherons ont été abattus au Sénégal. Seulement sept hommes sont parvenus à s'enfuir de ce massacre. 

C'est un massacre incompréhensible qui a eu lieu dans la forêt de Bourofaye Bainounk au sud du Sénégal. Le 6 janvier, 20 bûcherons ont été kidnappés par des hommes encagoulés dont certains portaient des habits militaires. "Deux personnes m’ont interpellé en pleine forêt, m’ont demandé si j’avais un téléphone portable et m’ont sommé de l’éteindre", raconte Ibrahima Dafé, l'un des rescapés. "Nous étions une vingtaine de personnes, les hommes armés étaient plus de 30 voire 40, poursuit-il. Certains portaient des uniformes, d’autres étaient encagoulés. Ils nous ont ordonné d’enlever nos chaussures. Ensuite, ils nous ont demandé de nous coucher par terre et ils ont commencé à nous arroser de balles. Ceux qui tentaient de fuir ont été achevés. Moi, je n’ai pas bougé."

Massacre sur fond de trafic

C'est le chef du parti indépendantiste MFDC de la région de Casamance, César Atoute Badiate, qui a été suspecté en premier en raison du processus de paix engagé dans le pays sans retenir leurs revendications. Mais d'après Demba Ndiaye, un ex-journaliste qui s'est spécialisé dans le conflit casamançais, la réalité serait tout autre. "Si Badiate voulait faire pression sur le gouvernement pour montrer que le front sud existe toujours, il ne tuerait pas treize personnes, ça le desservirait. Il ferait un communiqué, comme d’habitude, car il est toujours prêt à négocier. La forêt de Bourofaye est leur forêt sacrée, l’un des derniers poumons verts du Sénégal, poursuit-il. Malgré les avertissements, leur territoire est violé en permanence par les coupeurs de bois qui alimentent les scieries de Ziguinchor et le commerce international", a-t-il déclaré.

Ce serait donc sous couvert de trafic de bois de teck que ce massacre aurait eu lieu. Une version confirmée par le MFDC qui, par la voie d'un communiqué, a encouragé les autorités à "orienter leurs enquêtes vers le gouverneur de la région de Ziguinchor, le chef du service régional des eaux et forêts, le commandant de la légion gendarmerie sud et le procureur de la République en poste à Ziguinchor », qu’ils accusent d’être « à la tête d’un vaste réseau de coupe clandestine et de vente illicite du bois de teck en provenance de la forêt du Bayotte".

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