Selon une étude Ifop, 12% des femmes auraient déjà subi un viol

Vendredi 23 février, Franceinfo a révélé les résultats glaçants d'une étude Ifop réalisée pour la Fondation Jean-Jaurès portant sur les violences sexuelles. 

D'une façon générale, le coordinateur de l'enquête, Michel Debout, s'étonne de l'importance de ces chiffres« alors que l'on pourrait penser qu'il y a moins de viols depuis les années d'après-guerre, il y en a apparemment davantage. Pourquoi autant de viols et pourquoi si peu de procédures judiciaires ? ». 

« Le seuil de tolérance à la violence descend »

Et les chiffres en question sont élevés ; 58% des femmes affirment avoir été victimes de comportements déplacés, 50% d'insultes ou de remarques sexistes et 45% de gestes grossiers à connotation sexuelle. 43% des femmes ont déjà subi des caresses ou des attouchements à caractère sexuel sans leur consentement, 29% ont déjà reçu des messages pornographiques et enfin 12% ont déjà été victimes d'un ou de plusieurs viols.

Un point positif cependant : les jeunes femmes semblent de plus en plus capable d'évoquer ces violences. La sociologue Alice Debauche, chercheuse associée à l'unité démographie, remarque que « sur le temps long, on observe que les femmes les plus jeunes, les générations les plus jeunes déclarent plus que les autres les violences sexuelles. Elles en parlent plus ». 

« Le seuil de tolérance à la violence descend. Au-delà des viols, l'ensemble des violences sexistes concernent toute la société française, ce n'est pas un problème marginal », conclue Michel Debout. 

Le violeur reconnu dans la plupart des cas 

Dans la grande majorité des cas, l'agresseur est connu de la victime. Souvent, il s'agit du conjoint ou d'un membre de la famille ; 78% et 88% des victimes connaissent ainsi l'identité de leur agresseur.

D'ailleurs, dans 36% à 48% des cas, le viol a lieu au domicile de la victime ; « la représentation classique du violeur inconnu dans un parking la nuit est fausse », explique Alice Debauche. « Il ne faut pas que cela cache la réalité d'un phénomène qui est celui d'une vie familiale et quotidienne », ajoute Michel Debout, également psychiatre et professeur de médecine au CHU de Saint-Etienne. 

Peu de victimes osent porter plainte 

Seules 11 à 19% des victimes déclarent avoir osé porté plainte, tandis qu'une majorité n'en a parlé à aucun proche (56 à 68%). 64 à 74% n'a pas vu de médecin ou de spécialiste suite à une agression. « Les femmes n’en parlent pas, mais les médecins ne sont pas aussi formés à entendre cette parole », regrette Alice Debauche.

Enfin, 32% à 44% des femmes qui ont été violées ont pensé au suicide, et 16% et 27% des femmes ont même déjà fait une tentative. Michel Debout explique que : « le risque de tentative de suicide et le risque suicidaire est multiplié par quatre par rapport à d'autres femmes qui n'ont pas connu une telle agression ». 

Rubriques

Société