Selon Mediapart, le profil dangereux de l'un des meurtriers de Saint-Etienne-du-Rouvray avait bien été relevé par les renseignements français. Mais incapables de le stopper avant qu'il ne commette l'irréparable en juillet 2016, ils ont tout fait pour camoufler leur incompétence. 

L'enquête parue ce jeudi 04 janvier dans Mediapart a fait l'effet d'une bombe. Le média d'investigation affirme qu'une semaine avant l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, le 26 juillet 2016, une note interne aux services de renseignement soulignait le caractère dangereux de l'un des terroristes. Après l'attentat, ce même document a été postdaté par les mêmes services afin de camoufler leur incapacité à l'arrêter à temps.

La note en question, dans laquelle sont retransmis des propos plus qu'inquiétants tenus par Adel Kermiche, l'un des deux assassins, est rédigée par un fonctionnaire du GIP (groupe informatique et procès) de la DRPP (Direction du renseignement de la préfecture de police). Lors d'une veille effectuée sur les réseaux sociaux, cet agent avait découvert des messages alarmants tenus par Adel Kermiche via la messagerie cryptée Telegram. Une découverte effectuée quelques jours avant l'assassinat du père Hamel.

Cinq jours plus tard, Adel Kermiche et son complice Abdel Malik Petitjean égorgeaient le père Hamel dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Selon Mediapart, les éléments relevés sur Telegram par le fonctionnaire aurait pu permettre l'interpellation d'Adel Kermiche. Mais les hauts gradés qui auraient pu permettre que soit mise sur pieds une telle opération étaient alors en vacances...

Conscient de leur erreur, la DRPP aurait alors exigé du brigadier qu'il postdate le document incriminant. "Mais, effectuée dans la précipitation, la manipulation sur le fichier Gester conserve dans l’onglet Propriétés la date initiale, celle remontant à une semaine plus tôt", rapporte Mediapart.

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