Pour la première fois, un psychiatre a été condamné à une peine de prison avec sursis pour avoir négligé le suivi d'un patient qui avait tué un étudiant en 2008.

Le drame s'était produit il y a dix ans, à Grenoble, en Isère. Jean-Pierre Guillaud, atteint de psychose délirante chronique, s'était échappé du centre hospitalier de Saint-Egrève où il était interné, était monté dans un car pour rejoindre Grenoble puis avait acheté un couteau. Armé, il s'était promenait dans les rues de Grenoble et avait poignardé mortellement un étudiant en génie mécanique de 26 ans, Loïc Meunier. 

Ce mardi 15 mai, la cour d'appel de Grenoble a condamné le Dr Lekhraj Gujadhur, le psychiatre alors en charge du suivi de Jean-Pierre Guillaud, pour homicide involontaire. Le psychiatre a écopé de 18 mois de prison avec sursis. Une décision qui vient ainsi confirmer le jugement rendu en première instance en 2016, qui était alors une première. Jusqu'ici, aucun praticien hospitalier n'avait été condamné pour homicide involontaire.

"La justice a reconnu que ce médecin ne s'était pas préoccupé du suivi de ce patient, et que sa dangerosité est passée à la trappe. S'il y avait eu cette préoccupation, il n'y aurait peut-être pas eu le décès de Luc Meunier", a estimé l'avocat de la famille, Me Hervé Gerbi. Ce jugement est "une mise en garde à l'encontre des psychiatres qui pensent que l’évaluation des patients schizophrènes les plus dangereux serait une question subalterne : elle doit être au centre de leurs préoccupations", a souligné l'avocat. 

Le Dr Lekhraj Gujadhur n'exerce plus aujourd'hui. "Moralement, il est très fragile et suivi par un de ses confrères", a indiqué son avocat, Me Jean-Yves Balestas, pour qui ce jugement est une "grosse déception". 

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