Pas de censure pour Tariq Ramadan

L’islamologue suisse Tariq Ramadan sort son livre et l’une des femmes qui l’ont accusé de viol y est nommée contre sa volonté. La justice a autorisé la sortie du livre non censuré.

La femme avait dénoncé le fait que son vrai nom apparaisse dans l’ouvrage “Devoir de vérité” en assignant lundi en référé l’auteur et l’éditeur. Elle voulait qu’il soit modifié ou bien retiré. Mais le tribunal de grande instance de Paris a finalement estimé que son identité avait déjà été rendue publique. Selon lui, sa requête “porterait une atteinte excessive et disproportionnée à la liberté d’expression” de Tariq Ramadan. Cependant, étant donné que la femme concernée a vu son nom apparaître dans le livre sans son consentement, l’auteur a été condamné à lui verser un euro symbolique.

L’avocat de la plaignante avait avancé l’argument de l’article 39 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse : il est interdit de “diffuser [...] des renseignements concernant l’identité d’une victime d’une agression ou d’une atteinte sexuelles”. Dans son livre, Tariq Ramadan donne sa version des faits, quand il était accusé de viol à l’automne 2017. Me Eric Morain, l’avocat de la plaignante, a tweeté le 10 septembre : “La justice n’a pas délivré ce soir un blanc-seing au livre de M. Ramadan. Ce dernier est condamné et est LE SEUL condamné par la décision du Tribunal. Ce livre sera donc publié au pays de Voltaire, mais ceux qui se joindront à la meute se rendront coupables de la même faute”.

Rubriques

Société