Ouverture du procès de Jawad Bendaoud, le « logeur de Daech » qui clame son innocence

Le procès du "logeur de Daech", qui s'ouvre ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris, est le premier en lien avec les attentats de novembre 2015 à se dérouler en France.

Le trentenaire, qui ne cesse de clamer son innocence, était devenu la risée de la France entière pour ses propos peu crédibles tenus face aux caméras de BFMTV suite aux attentats de novembre 2015 à Paris. Jawad Bendaoud, surnommé "le logeur de Daech", expliquait alors ne pas savoir qu'il logeait dans son appartement de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la nuit du 17 au 18 novembre 2015, deux des auteurs des attaques parisiennes, le jihadiste Abdelhamid Abaaoud et son complice Chakib Akrouh.

Jawad Bendaoud, poursuivi pour "recel de malfaiteurs", va devoir s'expliquer devant la justice lors de son procès, qui s'ouvre ce mercredi 24 janvier face au tribunal correctionnel de Paris. 

"Un pote m'a demandé de loger des potes à lui. J'ai dit qu'il n'y avait pas de matelas, ils m'ont dit : 'C'est pas grave', ils voulaient juste de l'eau et un endroit où faire la prière", racontait le jeune homme interrogé par BFMTV, avant d'ajouter : "On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service, monsieur. Je ne savais pas que c'étaient des terroristes." Puis, Jawad Bendaoud était emmené par les forces de l'ordre, toujours devant les caméras des journalistes.

S'en suivent pour lui six jours de garde à vue, puis un placement en détention provisoire et à l'isolement ainsi que plusieurs dizaines de parodies le tournant en dérision sur les réseaux sociaux.

En réalité, les écoutes téléphoniques ont montré que Jawad Bendaoud connaissait bien les identités des deux hommes qu'il s'apprêtait à loger. Mais par appât du gain, le "logeur de Daech" aurait accepté sans sourciller. "Les mecs, ils viennent de Belgique, ils me demandent de quel côté on fait la prière, ils me disent 'on est fatigués, on veut dormir, on a passé trois jours de fils de pute, 150 euros pour trois jours'. (...) Vas-y, même moi j'ai trouvé ça suspect les mecs… Y a pas de toilettes… Y a pas d'eau… Ils payent 150 euros… Ils veulent que de l'eau et dormir", raconte-t'il entre autres à sa compagne, le matin de l'assaut. 

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