Nord : une mère affame à mort son nourrisson dont elle ne voulait pas

Douze ans de prison ont été requis contre cette mère de famille, qui après un dénis de grossesse avait affamé son nourrisson, qui n'a pas survécu. 

En 2015 dans l'agglomération de Dunkerque, un nourrisson mourrait de faim à Saint-Pol-sur-Mer. Sa mère, Gwenaëlle Palussière, avait fait un déni de grossesse puis après avoir accouché, toute seule dans sa salle de bain, avait entrepris de cacher le nouveau-né dans son lit. La jeune femme, déjà maman de deux enfants, l'avait alors nourri de compote, de yaourt et de camembert, d'après ses deux aînés qui avaient fini par se rendre compte de l'existence du bébé. 

Le fils de 15 ans avait retrouvé le nouveau-né mort dans la chambre de sa mère et avait appelé les secours, début février. La mère est accusée d'avoir privé de nourriture et de soins son nourrisson, jusqu'à entraîner sa mort. Un crime passible et de 30 ans de prison et pour lequel 12 ans d'emprisonnement ont été requis ce jeudi devant la cour d'assises du Nord.

"On dirait qu'elle joue à la poupée: elle laisse l'enfant dans sa chambre, elle ferme la porte, et cet enfant n'existe plus", a déploré l'avocate générale Alexia Gonnet. Pour sa part, l'avocat de la défense, Me Bruno Dubout, a rappelé l'enfance difficile de sa cliente, abandonnée par son père, puis maltraitée par sa mère. "Sa vie commence par un abandon, son père signe une déclaration d'abandon, ce qui est rare", a-t-il rappelé. "Puis un placement en famille d'accueil, et l'agrément de (celle qu'elle considère comme) sa seconde maman est retiré parce que son mari a commis un viol incestueux sur une enfant de la famille". Ensuite, après un second placement, Gwenaëlle Palussière retourne dans sa famille où sa mère lui plante "un coup de couteau dans la main", explique l'avocat. "C'est le contact qu'elle a avec la maternité: abandons et violences. (...) Dès lors pour la mère, à cause de ces blessures d'enfance c'est impossible d'accepter la grossesse", a-t-il plaidé.

"Il y a une vie qui a été enlevée, celle de ma petite soeur. C'est une bêtise ce qu'elle a fait, mais ça restera ma mère", a déclaré l'aîné de 17 ans, appelé à témoigner à la barre.

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