Morte en 2009 après avoir subi d'innombrables sévices, le cas de la petite Marina Sabatier continue de faire polémique. Et pour cause, de nombreux signalements avaient été effectués avant sa mort. La CEDH demande à la France pourquoi ceux-ci n'ont pas été pris en compte avant le drame.

Bains glacés, coups répétés, nuits passées enfermée à la cave... Le calvaire de Marina Sabatier à été aussi terrible que sa mort. Retrouvée morte en août 2009 au Mans (Sarthe), dans une caisse remplie de béton, la petite fille a subi de nombreux sévices durant six longues années, avant de décéder des suites de cette maltraitance. Des années durant lesquelles des signalements ont été effectués. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) exige aujourd'hui de la France qu'elle reconnaisse ses torts et fasse toute la lumière sur ces importants dysfonctionnements qui ont conduit, indirectement, à la mort de la fillette sans qu'aucun service de l'État n'intervienne à temps.

Le 27 septembre dernier, la CEDH a ainsi envoyé une requête officielle à l'État français afin de savoir s'il a bien « respecté son obligation de protéger Marina contre les agissements de ses parents ». Des parents qui en 2012 ont été condamnés à 30 ans de réclusion criminelle.

"C’est rare que ce genre de requête passe le filtre de la CEDH. L’état va désormais devoir expliquer pourquoi la justice n’a pas mieux pris en compte les signalements de maltraitances effectués à l’époque", se réjouit Rodolphe Costantino, l’avocat de l’association Enfance et partage, à l'origine de cette procédure initiée en 2015. 

"Le 26 septembre, le procureur est également destinataire d’un courrier du Conseil général lui indiquant que la famille déménage pour la troisième fois en un an. Le procureur aurait donc dû avoir un doute. Mais, non, il a décidé de classer l’enquête sans suites le 6 octobre", explique Me Costantino au sujet de ce signalement pourtant alarmant, qui était intervenu à la suite d'autres signalements tout aussi inquiétants.

La CEDH se demande donc, aujourd’hui, si Marina n’aurait pas pu être sauvée d'une mort certaine sans ce « dysfonctionnement de la justice ». Durant leur procès, les parents de la fillette avaient reconnu avoir déménagé cinq fois en deux ans dans l'unique but d'échapper aux services sociaux. Ils avaient également exigé de leur enfant de 8 ans qu'elle mente aux gendarmes qui l'avaient interrogé sur l'origine de ses nombreuses blessures lors d'une audition d'une trentaine de minutes.

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