Le ministre turc souhaiterait pouvoir recourir à la castration chimique des pédophiles

Le gouvernement turc souhaiterait pouvoir recourir à la castration chimique contre les auteurs d'agressions sexuelles sur mineurs. 

Le ministre turc Abdülhamit Gül a réitéré son souhait de recourir à la castration chimique contre les auteurs d'actes pédophiles « les tribunaux décideront de la mise en oeuvre et de la durée de la castration chimique pour supprimer ou réduire le désir sexuel. Nous mettrons cela en place à nouveau d'ici quelques jours », a-t-il déclaré. 

L'agression d'un enfant de quatre ans a marqué la Turquie 

Ce débat resurgit suite à l'agression d'un enfant de quatre ans et demi par un homme de 20 ans lors d'un mariage la semaine dernière. Le parquet souhaiterait condamner le coupable à 66 ans de prison. Suite à cette affaire, le pays a été profondément choqué et indigné

Selon les chiffres du ministère de la Justice, les abus sexuels commis contre des enfants sont en hausse ; le chiffre est passé de 3.778 cas en 2006 à 21.189 en 2016

La castration avait déjà été introduite en Turquie 

En juillet 2016, la castration chimique avait même été introduite en Turquie pour les auteurs de crimes sexuels mais n'avait jamais été mise en oeuvre, car « la définition du traitement et ses limites étaient vagues ».

Une commission, composée de six ministres, dont M. Gül, sera réunie dans le but de se pencher sur les moyens de punir comme il se doit ces agressions sur mineurs, a indiqué le porte parole du gouvernement, Bekir Bozdag. « Toutes les options, toutes les mesures qui doivent être prises pour résoudre le problème seront sur la table », a ainsi déclaré le premier ministre. 

Le président Recep Tayyip Erdogan avait également souhaité faire passer cette mesure en 2004 pour lutter contre l'adultère. Il avait cependant fini par céder sous la pression de l'Union européenne« lors du processus (d'adhésion à) l'UE, nous avons fait une erreur au sujet de l'adultère », rapporte le quotidien Hürriyet

Une idée qui ne plaît pas aux ONG

L'idée ne séduit pas du tout certaines ONG, car cette mesure irait « à l'encontre des droits de l'homme ». L'ONG Les Assemblées des femmes a notamment dénoncé une « punition pas en phase avec les lois modernes ». Pour l'organisme, la solution serait « d'arrêter d'infliger des peines réduites dans les affaires d'abus contre les enfants ». 

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