Marlène Schiappa fustige la défense de l’avocat de Jonathann Daval, qui plaide « l’accident »

D’après l’avocat de Jonathann Daval, écroué pour le meurtre de sa compagne qu’il a avoué avoir étranglé, son client était un homme “écrasé” par la personnalité de son épouse, dont il a laissé entendre qu’elle était violente avec ce dernier lorsqu’elle était “en crise”. Un axe de défense qui a vivement fait réagir Marlène Schiappa, qui a estimé que son allocution devant les journalistes n’était rien d’autre qu’un exemple de “victim-blaming”...

Alors que son client, placé en garde à vue depuis lundi matin, venait tout juste de passer aux aveux face aux enquêteurs, Me Randall Schwerdorffer, l’un des deux avocats de Jonathann Daval, s’est lancé dans une plaidoirie bien mal avisée autant dans les propos que dans le timing. En effet, alors même que la procureure en charge du dossier ne s’était pas encore exprimée, l’avocat du mari d’Alexia Daval a tenu à défendre son client en avançant des arguments accusateurs à l’encontre de la victime. Pour rappel, Alexia Daval a été étranglée par son époux avant d’être habillée en tenue de jogging par ce dernier, puis déplacée jusque dans un bois où son corps a été dissimulé.

“Ce n’est pas un mauvais homme, c’est un mec formidable”

Pour Me Schwerdorffer, tout cela n’est qu’un regrettable “accident” commis par un “mec formidable” qui va payer le restant de sa vie “quelques secondes” où il s’est laissé emporté. Continuant dans sa plaidoirie surréaliste, face aux caméras des journalistes, l’avocat n’a pas hésité à insinuer plus que clairement que la victime de violence n’était pas celui que l’on pensait et que - c’était un fait connu de tous, a-t-il souligné - Alexia Daval, qui “prenait des médicaments”, se montrait régulièrement violente envers son conjoint lorsqu’elle était “en crise”.

"Il va être jugé pour 3, 4 secondes de sa vie, ce n’est pas un mauvais homme, c’est un mec formidable. Quelques secondes dans sa vie, il a eu un accès de violence et cet accès de violence a eu une conclusion dramatique”, a ainsi expliqué le conseil, ou encore : "Ils avaient une relation de couple avec de très fortes tensions. Alexia avait une personnalité écrasante, il se sentait rabaissé, écrasé. A un moment, il y a eu des mots de trop, une crise de trop, qu'il n'a pas su gérer."

Une défense qui a fait bondir, entre autres, la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, qui a vivement réagi sur Twitter. D’après elle, les propos tenus par l’avocat de Jonathann Daval sont un parfait exemple de “victim-blaming” qui laissent à penser qu’Alexia Daval est responsable de ce qui lui est arrivé.

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