Le texte, qui remonte à 1944, a été découvert par hasard en 1980. Au départ indéchiffrable, cette lettre a finalement pu être décodée grâce à une technique dite "d'analyse multi-spectrale".

Marcel Nadjari, un juif originaire de Grève, a enterré une lettre près du camp d'Auschwitz en novembre 1944. L'historien Pavel Polian, avec l'aide d'un spécialiste de l'informatique, Aleksandr Nikitjaev, a pu décoder le message grâce à une technique scientifique appelée "analyse multi-spectrale".

Membre des Sonderkommando, travailleurs fréquemment tués et remplacés, Marcel Nadjari a vécu l'horreur : ramasser les cadavres des victimes des chambres à gaz, retirer les dents et les cheveux, transporter les dépouilles jusqu'au crématorium, jeter les cendres dans les rivières... il en témoigne dans sa lettre, enterrée à proximité du camp d'Auschwitz.

"Notre travail consistait à recevoir les gens", écrit Marcel Nadjari dans sa lettre. "Les Allemands avaient placés des tuyaux au plafond pour leur faire croire qu'ils préparaient une douche. Ils avaient des fouets dans leur main et forçaient les prisonniers à se rapprocher de plus en plus, de sorte à ce qu'un maximum de personnes puissent rentrer dans la pièce. Une mort 'de sardines'. Puis les portes étaient fermées. Une demi-heure plus tard, nous ouvrions les portes et notre travail commençait. Nous portions les corps de ces femmes et des enfants innocents. Ils étaient brulés sans carburant, juste avec leur graisse".

Persuadé de ne pas survivre à cette terrible épreuve, Marcel Nadjari est pourtant sorti vivant de la Seconde guerre mondiale et du camp d'Auschwitz. Il est mort à New York à l'âge de 54 ans.

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