La loi des petits nombres

Invraisemblable pataquès la semaine dernière : une dizaine de pays européens suspendent en urgence l’administration du vaccin AstraZeneca en invoquant de graves effets indésirables, puis la reprennent quelques jours plus tard : finalement, circulez, il n’y a rien à voir. Comment est-ce possible ? Vaste débat et vrais drames. Mais le fond du problème, c’estla loi des petits nombres. Imaginez que vous jouez 10 fois à pile ou face. Vous perdez 7 fois : simple manque de chance. En revanche, perdre 700 fois sur 1 000 suggérerait fortement que la pièce est truquée. Il y a plus de variabilité, donc plus d’évènements extrêmes, dans un petit échantillon que dans un grand.Justement, pour le vaccin,les alertes viennent d’abord de petits pays (Danemark, Norvège, Bulgarie, Pays-Bas). Au UK, qui a injecté 11 millions de vaccins, rien à signaler. Et quand l’Agence européenne du médicament fait ses additions,elle conclut que les thromboses sont, en fait, moins fréquentes chez les personnes vaccinées. Mais la confusion est semée : il aurait fallu que la pharmacovigilance soit d’emblée européenne. On ne décentralise pas la statistique. La leçon vaut pour nous tous :avant de tirer des conclusions intuitives d’une observation, est-on sûr d’avoir regardé le plus grand échantillon possible ?

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