Au coeur de ce procès, la question du consentement. Alors que pour le parquet il s'agit d'un acte consenti, pour la famille de la pré-adolescente de 11 ans, il s'agit clairement d'un viol. 

L'affaire avait choqué l'opinion publique et suscité un vif débat. Ce mardi 13 février, un homme est jugé pour avoir eu une relation sexuelle avec une jeune fille âgée de 11 ans, le 24 avril 2017. Ce jour-là, elle accepte de suivre un homme qui l'avait déjà abordé à deux reprises, jusqu'à son logement de Montmagny, dans le Val-d'Oise. Ils ont une relation sexuelle. Les parents de la fillette, qui décrivent une enfant totalement tétanisée et dans l'impossibilité de se défendre, assurent qu'elle est terriblement choquée par ce qu'il vient de se passer. Ils portent plainte.

Après enquête, la police considère que la relation physique était consentie et qu'il n'y a pas eu d'agression sexuelle, l'enfant ayant "suivi l'homme de son propre gré". Le parquet de Pontoise, estimant que "dans le cas d'espèce, il n'y avait eu ni violence, ni contrainte, ni menace, ni surprise", poursuit ce père de deux enfants âgé de 29 ans pour "atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans". L'homme risque cinq ans d'emprisonnement. 

"La question du consentement d'une enfant de 11 ans ne devrait même pas se poser"

Un chef d'accusation impensable pour l'avocate de la jeune fille et de ses parents, Me Carine Diebolt. Pour le conseil, il s'agit bien d'un viol, car outre la pénétration sexuelle, il y a eu "contrainte morale" de par leur différence d'âge et un acte commis par surprise et avec violence dans l'ascenseur, lorsque l'homme s'est montré agressif pour obtenir une fellation. Par ailleurs, ce dernier a proféré des menaces, affirmant qu'il ruinerait sa réputation dans la cité si elle parlait. "La question du consentement d'une enfant de 11 ans ne devrait même pas se poser", souligne l'avocate.

Sur le banc des parties civiles, deux associations de protection de l'enfance, L'Enfant bleu et La Voix de l'Enfant. "C'est un dossier vide, il n'y a rien contre mon client, excepté l'état civil de la jeune fille, qu'il ne connaissait pas", estime de son côté l'avocat de l'accusé, Me Marc Goudarzian. 

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