Gérard Collomb exige l'expulsion immédiate des déboutés du droit d'asile

Le ministre de l'Intérieur a demandé aux préfets plus de résultats en matière d'immigration irrégulière. Il a pour cela lancé un projet de recensement des migrants dans les centres d'hébergement d'urgence. Une mesure qui indigne les associations.

"Si nous accueillions tout le monde, nous ne pourrions pas les accueillir dans de bonnes conditions", affirme Gérard Collomb interrogé ce lundi matin sur RTL. Un durcissement de la politique gouvernementale en matière d'immigration, que le ministre de l'Intérieur assume en expliquant défendre une "ligne raisonnable". Pour ce faire, plusieurs circulaires circulent déjà, demandant aux préfets d'agir plus rapidement pour expulser les déboutés du droit d'asile et de recenser efficacement les migrants dans les centres d'accueil d'urgence.

"Ceux qui sont déboutés du droit d’asile doivent aujourd'hui être expulsés"

"Aujourd'hui en France, nous avons 95.000 demandes par an, ça veut dire une grande ville chaque année", souligne Gérard Collomb, expliquant : "Nous avons décidé de pouvoir accueillir celles et ceux qui sont réfugiés des théâtres de guerre, qui sont prisonniers politiques, mais en même temps d’essayer de mener une politique qui permette que les migrations économiques soient gérées de manière autre".

En revanche, en ce qui concerne l'immigration illégale, le ministre de l'Intérieur et maire de Lyon réaffirme sa ligne de conduite. "Bien sûr, je pense que ceux qui sont déboutés du droit d’asile doivent aujourd'hui être expulsés", déclare-t-il.

"Nous ne savons pas qui sont dans ces centres d’hébergement d’urgence"

Une politique que fustigent plusieurs associations, qui ont d'ores et déjà fait savoir qu'elles s'apprêtaient à saisir le Défenseur des Droits Jacques Toubon, concernant notamment la circulaire exigeant le recensement des migrants dans les centres d'accueil. 

Ce à quoi Gérard Collomb leur répond au micro de RTL : "Aujourd'hui, nous ne savons pas qui sont dans ces centres d’hébergement d’urgence. On pense qu’il y a à peu près un tiers des personnes qui sont des réfugiés, donc qui pourraient être placés ailleurs et avoir droit au logement, avoir droit à  une vie normale, un tiers de déboutés du droit d’asile donc qui devraient pouvoir s’en aller, et un autre tiers dont il faut évaluer la situation."

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