Favoritisme à l'INA : prison avec sursis requise contre Mathieu Gallet

Le parquet de Créteil a requis 18 mois de prison avec sursis et 40.000 euros d'amende contre Mathieu Gallet pour des faits de "favoritisme" lorsqu'il était à la tête de l'INA entre 2010 et 2014.

Au terme de 11 heures d'audience, le parquet de Créteil a décidé de requérir 18 mois de prison avec sursis et 40.000 euros d'amende contre l'ancien président de l'INA (entre 2010 et 2014) et actuel patron de Radio France. Mathieu Gallet est soupçonné d'avoir fait du "favoritisme" auprès de certaines sociétés de conseils. L'établissement leur avait versé plus de 400.000 euros.

Le rôle de Denis Pingaud dans le viseur

Le parquet a notamment souligné l'emploi de Denis Pingaud, engagé comme "conseiller externe" pour la communication de l'INA. Mathieu Gallet a souligné ses "compétences rares", mais le tribunal correctionnel se demande pourquoi sa société n'a pas été mise en concurrence alors qu'il a touché 130.000 euros pour l'ensemble de sa prestation. Un montant qui aurait dû obliger l'INA à respecter les règles du marché public.

"Avant mon arrivée à l'INA, je n'avais jamais été confronté à ces questions de marché public", a affirmé Mathieu Gallet. "C'était quelque chose qui m'était totalement inconnu". L'actuel patron de Radio France avoue s'être "reposé sur les équipes en place", mais ces derniers ne lui ont pas transmis de "signaux d'alerte" afin de lui expliquer l'obligation de mise en concurrence.

La procureure Amélie Cladière pense que Denis Pingaud a eu un rôle tout autre. Il aurait en réalité servi de "coach personnel" pour Mathieu Gallet, payé "avec de l'argent public", afin de présenter sa candidature à Radio France. "Laisser accroire que Denis Pingaud a fait ma candidature pour Radio France, c'est au minimum insultant, au pire diffamatoire", s'est défendu l'ancien directeur de l'INA. Le tribunal doit rendre son jugement le 15 janvier prochain.

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