Un élu LR a détourné 150.000 euros d'une association pour enfants handicapés

Le 7 mars dernier, un élu Les Républicains du Val d'Oise, ancien adjoint au maire de Pontoise, a été condamné pour avoir détourné 150.000 euros. Une somme qui était destinée à une association pour enfants handicapés de Jouy-le-Moutier.

L'enquête a débuté en octobre 2014, avec un signalement de la cellule Tracfin, organisme en charge de lutter contre le blanchiment d'argent et contre le financement du terrorisme. Cette cellule signale alors des mouvements d'argent suspects sur le compte de Yannick Bethermat, élu LR du Val d'Oise. En effet, 50.000 euros ont été déposés sur le compte de l'ancien adjoint au maire de Pontoise. De l'argent en provenance du comité d’entreprise de l’Association d’Action et d’Insertion Sociale (ANAIS) de Jouy-le-Moutier. Une association qui favorise « le développement personnel, l’épanouissement intellectuel et physique, l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées mentales ou dépendantes. »

Il est rapidement établi que ce dépôt suspect est loin d'être isolé. Ainsi, entre 2011, année où Yannick Berthemat est nommé Trésorier du Comité d’entreprise de cette association et 2014, l'élu Les Républicains a détourné à son profit pas moins de 150.000 euros. Pour ce faire, l'homme politique ne prenait même pas la peine d'être discret puisqu'il signait de sa main des chèques, qu'il encaissait ensuite sur son propre compte. 

« Je ne sais pas ce que j’ai fait de cet argent. Je ne m’en suis pas rendu compte »

Encore plus effarant, lors de son audition auprès des enquêteurs de Tracfin, l'élu, dont le revenu mensuel officiel était plus que décent - environ 4.200 euros par mois -, a eu le toupet de déclarer : « Je suis surpris par la somme. Je croyais que cela serait autour de 30 000 ou 40 000 € (…) Je ne sais pas ce que j’ai fait de cet argent. Je ne m’en suis pas rendu compte. »

Mercredi 7 mars, Yannick Berthemat, qui n'a toujours pas été en mesure d'expliquer son geste et ce qu'il a fait de tout cet argent, a été condamné à un an de prison avec sursis, assorti de cinq ans d'interdiction d'exercer une fonction de trésorier et une amende de 120.000 euros à verser à la partie civile. L'élu, qui reste encore aujourd'hui conseiller municipal, n'a même pas pris la peine de se présenter à l'audience, expliquant être atteint d'une maladie neurologique et d'une sciatique « provoquant des problèmes de mémoire et de somnolence »...

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