L'adolescent a été arrêté quelques secondes seulement avant qu'il ne déclenche sa charge explosive. Interrogé par les autorités pakistanaises, il a permis l'identification de plusieurs responsables de son réseau.

Il est passé aux aveux. Un adolescent pakistanais a été arrêté juste avant qu'il ne se fasse exploser près d'un lieu de prière chiite. Grâce à ses explications, les autorités locales ont pu mieux comprendre la filière jihadiste en place dans ce pays et qui frappe violemment la communauté chiite ces derniers mois.

L'adolescent s'appelle Usman. Il a expliqué comment se déroulait sa "formation" de jihadistes. Séminaires, centre d'entraînement, ateliers de fabrication de bombes, de nombreuses structures existent au Pakistan. Lui a été recruté dans la province de Sindh, au sud du pays.

Condamné à la peine capitale

"L'État islamique n'a pas de structure formelle (au Pakistan). Il travaille avec un système de franchises", explique un des enquêteurs. Ce qui veut dire que Daesh va revendiquer les attaques, même s'il n'a joué aucun rôle direct.

Âgé de 18 ans, Usman a été condamné à la peine de mort en mars dernier. Depuis il attend l'exécution de sa peine derrière les barreaux. Après son arrestation, il avait expliqué comment il était devenu jihadiste. Après la mort de son père, membre des talibans pakistanais, la famille d'Usman a décidé de rejoindre une région de l'est de l'Afghanistan. Un jour qu'il rentrait chez lui, il a trouvé son frère avec un homme plus âgé. "Mon frère a dit que je devais rejoindre le djihad, devenir un porteur de bombes", explique le jeune homme.

Un départ le soir même

Le jour même, le voilà parti aux côtés de l'homme plus âgé pour rejoindre la province afghane de Kandahar, puis le Pakistan. C'est là qu'il a commencé son entraînement. Un mois après, il a été envoyé, avec une ceinture d'explosifs, au milieu d'une foute de chiites en train de prier. Il a été démasqué par un fidèle, qui lui a parlé en sindhi, une langue qu'Usman ne parle pas. La foule a réussi à l'immobiliser pour ne pas qu'il actionne sa ceinture.

Ses aveux ont permis l'identification de plusieurs responsables du réseau et notamment de son chef présumé, un ancien informateur des services de renseignement pakistanais. "Nos services montrent qu'il a 500 à 1.000 militants travaillant sous ses ordres et qu'il vit dans les montagnes", assure un haut responsable de la police pakistanaise, qui cherche maintenant à le neutraliser.

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