Le MS-13 sème littéralement la terreur à Brentwood, une banlieue de New York où les forces de l'ordre semblent dans l'incapacité de faire respecter la loi et où les habitants fuient la ville.

À Brentwood, banlieue de New-York, un gang hispanique terrorise les quelques 60.000 habitants, qui se refusent à en parler ouvertement aux médias. "Je connais les membres du gang. Mais je n'ai rien à voir avec eux, je les évite", confie tout de même une étudiante de 15 ans, qui refuse de donner son nom.

Car à Brentwood, les habitants vivent dans la peur, et pour cause, depuis dix ans maintenant, le MS-13 - de son nom complet Mara Salvatrucha ("le gang salvadorien") - commet des assassinats à la chaîne. En l'espace de deux ans, le gang a ainsi éliminé 17 personnes dans la ville, où les forces de l'ordre estime à 400 le nombre de membres appartenant au MS-13. 

Même du côté des policiers, le silence se fait lorsque l'on prononce le nom du gang. L'une des rares personnes à accepter de l'évoquer est le père d'une étudiante assassinée, Robert Mickens. "Je n'ai pas peur. J'ai déjà connu ma plus grande frayeur: la perte de ma fille", affirme l'homme de 40 ans, employé dans un foyer pour personnes âgées. 

"Ca, c'est une coupe qu'elle avait remportée lors d'un championnat de basket, elle jouait bien", explique aux médias le père, tout en montrant une photo de sa fille, assassinée par le MS-13 car elle se trouvait en compagnie de l'une de ses amies, qui avait eu affaire au gang dans le passé.

Pour le chef de la police du comté, la violence engendrée par le gang ne cesse d'augmenter en partie à cause de l'arrivée massive dans la région de mineurs sans-papiers, qui paradoxalement fuient la violence du même gang, déployé également au Salvador, en Honduras et au Guatemala. Ainsi, plus de 4.600 mineurs en provenance d'Amérique centrale sont arrivés à Brentwood, estime la police. Autant de recrues de choix pour le gang.

Pour Joseph Kolb, chercheur au Centre pour les études migratoires, les méthodes du MS-13 sont si cruelles qu'il est quasiment impossible d'en venir à bout. Et c'est toute la ville qui en pâtit. "Je connais des gens qui sont partis de Brentwood, comme une famille dont le fils a été assassiné, et d'autres qui veulent partir", rapporte Lenny Tucker, le président de l'Association des citoyens engagés de Brentwood. "Moi-même je songe à partir d'ici", ajoute l'agent immobilier âgé de 50 ans. "La violence des gangs tire vers le bas les prix de l’immobilier et détruit toute la communauté".

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