Attentat en Égypte : l'imam rescapé explique ce qu'il a vu de l'attaque

L'imam Mohamed Abdel Fattah, 26 ans, a témoigné depuis son lit d'hôpital.

Le jeune imam Mohamed Abdel Fattah, 26 ans, a survécu au carnage du vendredi 24 novembre, qui a fait 305 morts à la mosquée al-Rawda, dans le nord du Sinaï. Sous le choc mais fermement déterminé, il a juré dimanche qu'il retournerait finir son prêche la semaine prochaine s'il en a la possibilité.

"Je me suis écroulé, je ne voyais plus rien, je ne ressentais plus rien"

"Si mon état de santé le permet la semaine prochaine (...) je terminerai le prêche que je n'ai pas pu terminé", a promis l'imam.

Le prêche en question portait sur "Mahomet, le prophète de l'humanité". Un sermon qui s'est vu interrompu par des explosions et une fusillade. "Je venais de commencer mon prêche depuis deux minutes quand j'ai entendu deux explosions à l'extérieur de la mosquée", raconte le religieux. "Des hommes sont entrés et ont ouvert le feu sur toutes les personnes encore éveillées (...) Dès qu'ils sont entrés, je me suis écroulé, je ne voyais plus rien, je ne ressentais plus rien, sinon que deux ou trois personnes ensanglantées gisaient sur moi".

Mohamed Abdel Fattah a eu la chance de s'en sortir avec seulement quelques contusions. Le choc émotionnel, lui, est bien présent...

Une région régulièrement ciblée par les djihadistes

Après cette attaque d'une violence inouïe, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. La nuit suivante, des raids ont été opérés par l'armée de l'air dans la région où s'est déroulée l'attentat.

La partie nord du Sinaï, bouclée par l'armée, est un théâtre d'affrontements entre les forces de sécurité et les groupes extrémistes musulmans, notamment le groupe Province du Sinaï qui s'est allié à l'État islamique en 2014. Les attaques initiées par les djihadistes ciblent également des civils, en particulier des chrétiens et des soufis.

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