Attentat au Bataclan : avant de mourir, les derniers messages d’un terroriste à sa mère

Avant que ne soit donné l'assaut final au Bataclan, le 13 novembre 2015, l'un des terroriste a envoyer des ultimes messages d'adieu à sa mère, via sa messagerie Skype. 

Il est 23h55 le 13 novembre 2015 lorsque commencent les attentats à Paris. Tandis que des terroristes ouvrent le feu sur des restaurants et des terrasses de café, d'autres s'en prennent au Stade de France. D'autres encore se trouvent au Bataclan, tirant sur la foule et retenant en otage des dizaines de personnes. Parmi ces terroristes qui ont mis à feu et à sang Paris : Foued Mohamed Aggad. Présent au Bataclan, il retient durant deux heures plusieurs victimes avec sa kalachnikov, prêt à faire feu. 

"Je t'aime"

De l'autre main, le terroriste tient son téléphone portable. Il sait que l'assaut ne va pas tarder à être donné. Il se connecte alors à son compte Skype pour envoyer des messages d'adieu à sa mère, sans nouvelles de lui depuis des semaines. Voici ce qu'il écrit : 

- "Je t'aime."

- "Tu es là, waldi  ("mon fils" en arabe, NDLR)? Comment tu vas? Je t’aime fort", lui répond sa mère.

Un quart d'heure plus tard, Foued Mohamed Aggad, sentant sûrement que la fin est proche, envoie un second message à sa mère. Il lui dit alors qu'il va "bientôt rencontrer Allah" et lui demande de faire pour lui une "doua" (une "prière" en arabe, NDLR) et de contacter son épouse, qu'il a tenté de joindre sans succès. "Urgent, vite", précise-t-il dans ses messages. Mais sa mère lui répond qu'elle n'arrive pas non plus à joindre sa femme.

- "Waldi, je t'aime", écrit sur Skype la mère.

- "Moi aussi", lui répond son fils, devenu un terroriste. 

Ce seront les derniers messages de Foued Mohamed Aggad, envoyés à 0h13. Cinq minutes plus tard, il reçoit une balle tirée par les forces de l'ordre qui ont réussi à pénétrer dans le Bataclan. Il n'aura pas le temps d'actionner sa ceinture d'explosifs. Son téléphone tâché de sang est retrouvé sur une marche de l'escalier. Le terroriste l'avait pris à une victime pour négocier avec la police. Une fois l'assaut passé, les enquêteurs ont découvert ses messages dans la mémoire de son téléphone.

Cette nuit-là, 90 personnes sont mortes sous les balles et les explosifs des terroristes.

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