À peine sorti dans les salles de cinéma, Le 15h17 pour Paris, dernier film de Clint Eastwood, est déjà controversé. La diffusion du film pourrait en effet nuire au bon déroulement de l’instruction de l'attentat du Thalys. 

Alors que l’instruction concernant l’attaque terroriste à bord du Thalys est en cours, le film de Clint Eastwood a fait l'effet d'une bombe dans les tribunaux. La justice considère en effet le film comme une reconstitution fidèle des faits, provoquant la colère des avocats du suspect.

Le film pourrait nuire au bon déroulement de l'enquête 

C’est le cas en particulier pour Maître Sarah Mauger-Poliak, avocate du principal suspect de cette attaque, Ayoub El-Khazzani. Le film pourrait nuire au bon déroulement de l’enquête, fait-elle valoir.

Le film raconte l’histoire de trois Américains qui se trouvaient en 2015 à bord du Thalys à destination de Paris. Les trois héros avaient réussi à déjouer une attaque terroriste, sauvant la vie de plus de 500 passagers.

Les passagers endossent leur propre rôle 

Les acteurs du film, notamment les acteurs principaux, sont les passagers qui ont réellement été à bord du Thalys. Indignée, l'avocate déclare : « je ne vois pas comment une instruction peut se dérouler sereinement quand on voit des personnes répéter des scènes du film avant de témoigner auprès d'un magistrat instructeur ».

Le film offre une vision « unilatérale des faits » 

Ainsi, Maître Ayoub El-Khazzani envisage de demander interdiction de diffuser ce film, qui offre une « une vision complètement unilatérale des faits ». Elle continue : « en France, on a des grands principes, dont la présomption d'innocence. Là, on nous explique que Clint Eastwood va délivrer la vérité, avec une vision complètement unilatérale des faits, où la présomption d'innocence est bafouée (...) ».

La justice refuse de faire une reconstitution 

Alors que la production n'hésite pas à insister sur la véracité du film, la justice a même refusé de faire une reconstitution de l’attentat, jugeant que le film ferait très bien l’affaire. L’avocate déclare : « Je trouve ça choquant que le cinéma fasse le travail à la place de la justice (...). J'avais demandé au magistrat instructeur d'organiser une reconstitution. On vient de me répondre que c'était inutile, puisqu'il y avait déjà le film », s’insurge-t-elle.

Même si l’avocate doute fortement que sa demande aboutisse, sa demande pourrait au moins créer une jurisprudence.

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