Des anticancéreux périmés vendus !

De 2007 à 2011, le laboratoire Alkopharma a vendu des doses d'un anticancéreux périmé en falsifiant les dates péremptoires affichées sur les produits. Au total, ce sont 100 000 doses falsifiées qui sont entrées sur le marché français.

Pendant quatre ans le laboratoire luxembourgeois Alkopharma a vendu des anticancéreux périmés. Aujourd'hui des procédures judiciaires ont été engagées, notamment par les malades ayant pris le traitement du laboratoire, afin que la société soit condamnée. C'est le laboratoire Riemser qui a découvert la supercherie en 2011. Lors d'un banal test, les scientifiques ont découvert que les flacons de Thiotépa, l'anticancéreux concerné, ne contenaient pas 95% de leur principe actif comme cela aurait dû être le cas, mais seulement 86%.

Des patients potentiellement en danger ?

Selon les autorités sanitaires françaises en charge du dossier à l'époque de la découverte des faits, "le sous-dosage (...) ne conduit pas à une baisse d’efficacité significative ni à une toxicité". Les patients n’ont probablement pas été affectés par cette fraude selon les spécialistes français. Cependant, les autorités sanitaires suisses ont donné un avis contraire à leurs homologues français. "La distribution d’un produit contenant une concentration moindre du principe actif revêt une gravité toute particulière. Les patients traités avec des lots non conformes n’ont pas obtenu la quantité nécessaire à leur traitement", ont-elles déclaré dans un leur rapport. Alors qu'en Suisse, quatre dirigeants de la société mise en cause ont été condamnés à payer une amende ridicule de seulement plusieurs milliers de francs suisses, la France ne s'est toujours pas prononcée, bien que l'enquête soit arrivée à son terme.

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