Alexia Daval : la lettre de ses parents

Près d'un an après la mort d'Alexia Daval, dont le corps calciné a été retrouvé dans un bois près de Gray, en Haute-Saône, ses parents ont tenu à adresser une lettre ouverte à leur fille, afin d'exprimer leur douleur. 

Alors que des zones d'ombres planent toujours sur cette affaire, les parents d'Alexia Daval, découverte étranglée et à moitié calcinée le 30 octobre 2017 dans le bois d'Esmoulins, ont tenu à lui écrire. "Il y a un an, un monstre s’est arrogé le droit de t’enlever la vie", peut-on lire dans cette missive, signée "maman". 

"Je rêve d’une vie où tu es encore là, avec nous. Mais je me réveille et je suis dans un film d’horreur", écrit Isabelle Fouillot, soutenue par son mari. "L’absence de toi est une injustice sans nom, pas une seconde de répit tellement il est insupportable d’être séparé de toi, tu me manques."

Dans cette lettre, publiée dans un hebdomadaire de Haute-Saône, lsabelle et Jean-Pierre Fouillot s'adressent également à la population de Gray qui les a soutenu dans ce drame. La marche blanche de l'année dernière avait en effet rassemblé quelque 8000 personnes. Extraits

« Il y a un an, un monstre s’est arrogé le droit de t’enlever la vie sous des coups effroyables, de t’étrangler, de te brûler. On ne ferait même pas ces monstruosités à un animal. Quelle rage, quelle férocité pour agir de telle sorte. Pense-t-il aujourd’hui à tout ce qu’il t’a fait subir ? A-t-il des remords ? Est-ce qu’il t’a aimée un jour pour en arriver à de telles extrémités ? […]

Nous a-t-il aimés un jour, nous qui l’avions accueilli comme un fils ? Et Happy, ton chat que tu adorais, qui a dû assister à toute la scène, qu’est-ce que j’aimerais qu’elle me parle.

Je rêve d’une vie où tu es encore là, avec nous, souriante comme toujours. Tu aurais choisi un autre mari. Tu aurais été heureuse avec des enfants. Une vie normale en somme. Mais je me réveille et je suis dans ce film d’horreur, ce feuilleton à rebondissements ubuesques.

Je ne suis que souffrance. Je n’arrête pas de pleurer. On ne peut l’exprimer davantage. L’absence de toi est une injustice sans nom. La douleur me ronge de l’intérieur, sans cesse. Pas une seconde de répit, tellement il m’est insupportable d’être séparée de toi. Tu me manques.

Lorsque nous perdons un enfant, notre désespoir est tel, que nous devons nous raccrocher à quelque chose. Il y a une belle citation d’Albert Einstein qui dit : Je crois en une vie après la mort, tout simplement, parce que l’énergie ne peut pas mourir. Elle circule, se transforme et ne s’arrête jamais.

Alexia, tu es en moi, tu ne me quittes jamais. Tu es partout, tu irradies de ta lumière, et tu me donnes ta force, ton courage.

Tous ceux qui t’ont tant aimée, tant chérie, Stéphanie, Grégory, ton neveu James, notre bonheur, nous raccroche à la vie. Toute notre famille, nos amis, sont des piliers sur lesquels nous nous appuyons pour continuer à avancer.

Nos cœurs saignent à jamais, mais ils sont remplis d’amour pour toi, éternellement. À tous les lecteurs, n’oubliez jamais qu’Alexia n’est plus là pour donner la vérité. »

Le 30 octobre, une audience se tiendra au tribunal de Besançon afin que les magistrats puissent statuer sur la demande de remise en liberté provisoire de Jonathann Daval, mis en examen pour le meurtre de sa femme. Après être passé aux aveux, ce dernier a fait volte-face en accusant Grégory Gay et Stéphanie Gay, le beau-frère et la soeur de la victime, de l'avoir assassinée sur fond de complot familial. 

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