13-Novembre : les remords du gérant du Casa Nostra

L'homme a été condamné à 10.000 euros d'amende pour avoir vendu les images de vidéosurveillance du restaurant à un tabloïd anglais. Depuis il vit cloîtré dans son appartement.

Son geste avait été vivement critiqué. Dimitri, le gérant du Casa Nostra avait remis les images de vidéosurveillance du restaurant à un tabloïd anglais. On y voyait les terroristes du 13-Novembre arriver, leur kalachnikov à la main, les vitres exploser et les clients tenter de se protéger. Ces images, normalement réservées à la justice avaient été publiées par le Daily Mail, quelques jours seulement après les attaques terroristes.

Plusieurs médias, dont le Petit Journal de Canal +, avaient affirmé que le gérant du restaurant avait vendu la vidéo pour 50.000 euros. Jugé en mai dernier à 10.000 euros d'amende pour "divulgation d'images de vidéoprotection à une personne non habilitée", Dimitri nie toujours tout enrichissement personnel. Aujourd'hui, deux ans après les faits, il a fait part de ses regrets au micro de RTL.

Depuis les attentats, l'homme vit cloîtré dans son appartement parisien. Par peur des représailles, il a même effacé son nom de sa boîte aux lettres. Il raconte être "montré du doigt", être la cible de "menaces de mort", d'"agressions". "Une fois j'ai vu deux jeunes arriver, ils sont venus directement me frapper. Moralement, c'est la descente aux enfers", lâche-t-il.

Rongé par les regrets, Dimitri serait actuellement sous antidépresseurs. "Le geste que j'ai fait, je le regrette vraiment. Je m'en veux. J'étais triste pour toutes les victimes", se confie-t-il. "Ces vidéos-là, je les ai données pour faire un reportage que je n'ai ni négocié ni vu la couleur de l'argent. J'ai été jugé comme un terroriste. Je me suis dit 'tiens le coup, c'est juste une question de temps. Tout ça, ça va se rétablir un jour'. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?".

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