Le bizutage de l'horreur

Dix membres de la prestigieuse équipe de gymnastique des pompiers de Paris sont jugés ce lundi pour agression sexuelle, violences volontaires et non-dénonciation de crime ou délit. 

Tous reconnaissent avoir participé à un bizutage, mais nient le caractère violent de celui-ci. Ce lundi, le procès d'une "tradition" s'ouvre devant le tribunal correctionnel de Paris. Un procès qui s'apprête à juger dix membres de la plus select brigade des pompiers de Paris, appartenant à la prestigieuse équipe de gymnastique, surnommée la Spéciale. 

Il y a plus de six ans, deux anciens membres de cette équipe, alors âgés de 23 et 21 ans, avaient porté plainte pour des violences et un viol, lesquels auraient été commis durant un bizutage. Les deux jeunes pompiers s'étaient alors vus prescrire 4 et 5 jours d'ITT.

Mordus, fessés et attouchés sexuellement

Les faits dénoncés se sont déroulés le 6 mai 2012, dans un bus qui ramenait la Spéciale d'une démonstration à Colmar. Les deux sapeurs-pompiers ayant porté plainte s'y attendent, ils vont être bizutés. Mais aucun n'imagine la violence à laquelle ils vont devoir faire face. On leur arrachera le slip, on leur donnera des fessées et on leur mordra les fesses, comme le veut la tradition. L'un des deux pompiers bizutés affirmera avoir reçu un coup de genou dans l'arcade sourcilière et avoir eu tellement mal lors des morsures de ses camarades que l'un d'eux lui a tendu une bouteille en plastique à mordre dans sa bouche, pour tenter de supporter la douleur. La jeune recrue regagnera sa place dans le bus, en pleurs...

C'est alors au tour de son collègue de subir le bizutage. Il sera mordu jusqu'au sang et furieux, il insultera ses collègues. Ces derniers, souhaitant alors lui donner une bonne leçon, le violeront digitalement, puis avec le goulot d'une bouteille. Une vidéo aurait été tournée à ce moment précis. 

« Mes clients espèrent une prise de conscience pendant le procès, affirme Me Nicolas Cellupica, l'avocat des plaignants. Qu’enfin, les prévenus admettent que les faits sont graves et relèvent d’une qualification pénale ».

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