Personne n'en parle

Mardi en recevant les nouveaux dirigeants libyens, Emmanuel Macron a déclaré :« Nous avons une dette envers la Libye, très claire : une décennie de désordre ». Et c’est assez énorme. Un président français en exercice reconnaît la responsabilité de notre pays dans une décision aux conséquences désastreuses, intervenue non pas il y a 60 ans (comme dans le cas de la guerre d’Algérie sur laquelle l’Élysée a lancé un travail d’inventaire) mais il y a à peine 10 ans et à l’initiative d’un Président avec lequel Emmanuel Macron a de bonnes relations. Mieux, le PR déclare clairement que cette initiative et la catastrophe qu’elle a entraînée nous créé des obligations : une "dette" (dont nous nous acquittons partiellement en intervenant militairement au Sahel).Déclarer sa responsabilité historique et assumer sa dette, parfois, quand elle abandonne les postures et les leçons, la France donne effectivement l’exemple. Les 10 ans de guerre civile en Libye ont engendré le déplacement d’au moins 200 000 personnes (pour un pays de 7M d’habitants) et transformé le pays en principale plateforme d’embarquement des migrants vers l’Europe (100 000 pour la seule année 2018).

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