Emmanuel Macron, de visite en Corse, a été interpellé par la femme d'Yvan Colonna qui lui a demandé que son mari, actuellement détenu dans les Bouches-du-Rhône, soit transféré dans un établissement pénitentiaire corse afin qu'il puisse voir son fils de 6 ans, qu'il n'a pas vu depuis un an et demi.

L'épouse du nationaliste corse Yvan Colonna n'a pas hésité à interpeller le président de la République qui se trouve actuellement sur l'île de beauté. Ce mardi soir, dans une rue d'Ajaccio, Emmanuel Macron a été approché par l'épouse du meurtrier du préfet Claude Erignac, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Cette dernière a supplié le chef de l'État de bien vouloir transférer son mari en Corse. Son fils, affirme-t-elle, n'a pas vu son père détenu à Arles, dans les Bouches-du-Rhône, depuis un an et demi.

"Ce n'est pas un animal, c'est un être humain"

"Bonjour, je suis la femme d'Yvan Colonna", a déclaré Stéphanie Colonna tout en serrant la main d'Emmanuel Macron qui sortait du musée Fesch, à Ajaccio. "Mon fils de six ans n'a pas vu son père depuis un an et demi. S'il vous plaît, faites quelque chose (...) Ce n'est pas un animal, c'est un être humain", lui a-t-elle ensuite dit.

Stéphanie Colonna, toujours devant les caméras et face au président de la République, a ensuite dénoncé les propos tenus par ce dernier le matin même, dans son discours d'hommage au préfet Erignac, assassiné il y a tout juste 20 ans à Ajaccio. L'épouse d'Yvan Colonna a s'est dit "choquée" par l'exclusion de toute amnistie pour les prisonniers corses. "Personne n'oubliera ce qui s'est passé" et "je ne parle pas d'amnistie", a alors soutenu Stéphanie Colonna. "Vous me regardez dans les yeux, je ne vous mens pas", lui a rétorqué Emmanuel Macron avant que l'épouse de l'assassin du préfet Erignac ne reparte, son fils dans les bras. 

Après quatre ans de cavale dans le maquis corse, Yvan Colonna, 57 ans, avait été interpellé en juillet 2003. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le 13 décembre 2007, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans en appel, en 2009. Puis, suite à l'annulation du verdict d'appel pour vice de forme par la Cour de cassation, Yvan Colonna a été condamné une troisième fois à la perpétuité, mais cette fois-ci sans période de sûreté.

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