Macron épinglé pour son laxisme budgétaire

Dans son rapport annuel publié ce mercredi, la Cour des comptes estime que le gouvernement ne fait pas assez pour redresser les finances publiques et s'inquiète du coût engendré par les mesures accordées aux gilets jaunes. 

Ce mercredi 6 février, Didier Migaud, ex-député socialiste à la tête de la Cour des comptes depuis près de 9 ans, rendait son traditionnel rapport annuel. L'occasion pour celui qui s'apprête à rejoindre le Conseil constitutionnel de sermonner une nouvelle fois Emmanuel Macron pour sa stratégie de finances publiques, soulignant "l'insuffisance et la grande fragilité du redressement opéré jusqu'à présent". 

Les magistrats de la Cour des comptes s'inquiètent notamment de l'impact sur les finances publiques du pays des mesures adoptées durant la cirse des gilets jaunes, lesquelles vont alourdir le déficit de la France d'au moins sept milliards d'euros, à condition toutefois que les mesures compensatrices évoquées soient bien entreprises. 

Le gouvernement est également épinglé pour ne pas avoir encore traduit par les textes son souhait de taxer les géants du numérique et de baisser l’impôt sur les sociétés. De même, il n'a pas détaillé les économies promises quant aux dépenses de l'État, estimées à 1,5 milliard. La Cour des comptes, soulignant un contexte de croissance économique au ralenti, juge donc "fragile" cette prévision du déficit public à 3,2 % du PIB en 2019, contre 2,7 % en 2018. 

Un autre chiffre inquiète particulièrement les magistrats de la Cour des comptes, celui entraîné par le basculement du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en allègements de charges, qui coûte 0,9 de point de PIB, faisant franchir à la France la barre des 3 % de déficit public. La Cour s'alarme également de l'incapacité du pays à réduire son déficit structurel, hors conjoncture économique. 

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