Le comédien ne nie pas la relation sexuelle, mais affirme qu'il ne s'agissait pas d'un viol.

Fin mars, une plainte pour viol a été déposée à l'encontre du comédien et metteur en scène Philippe Caubère. Des faits qui se seraient déroulés dans un hôtel de Béziers, en mars 2010. Le parquet de Béziers a toutefois choisi de transférer la plainte au parquet de Paris, où se serait également déroulée une partie des faits. 

La plaignante se nomme Solveig Halloin, elle a décidé de porter l'affaire en justice huit ans après les faits reprochés, en son propre nom, car elle estime que "les victimes présumées doivent bénéficier d'une présomption de sincérité".

"J'ai attendu huit ans qu'une femme, victime de Philippe Caubère, ait le courage de parler, me promettant que si l'une d'elles déposait plainte, je le ferai à mon tour. En vain. Le temps de ma 'reconstruction' étant passé, je dépose plainte contre Philippe Caubère du chef de viol", explique-t-elle au HuffPost. 

Solveig Halloin décrit son agresseur présumé, Philippe Caubère, personnalité reconnue du monde du théâtre, comme quelqu'un qui possédait une forte emprise sur elle. "J'étais dramaturge à l'époque et Caubère était comme un père artistique pour moi. J'avais trente-cinq ans, lui la soixantaine. J'ai toujours admiré ses pièces, ses mises en scène, si proches de ce à quoi j'aspirais dans le théâtre".

Des textos "intrusifs puis salaces"

Solveig Halloin rencontre le comédien dans un théâtre toulousain, ce dernier ne la lâche alors plus. "Il enchaîne les textos mièvres et romantiques, continue la plaignante, qui se transforment très vite en messages intrusifs puis salaces, il m'appelle sans cesse. Il me demande de tout lire de lui, de tout regarder de sa production. Je ne vivais plus qu'à travers Caubère", explique-t-elle.

"Un jour, il m'écrit qu'il est devant la tombe de son père et qu'il pense à moi. En plus d'être privilégiée de le connaître et d'échanger avec lui, j'avais le sentiment de devoir aussi le protéger", confie-t-elle également.

"Philippe Caubère me déshabille donc. Il est en érection"

En mars 2010, elle se retrouve dans une chambre d'hôtel avec le metteur en scène. "Il me demande immédiatement de me déshabiller, ce que je ne fais pas. Je reste assise au bord du lit. Philippe Caubère me déshabille donc. Il est en érection. Il commence à me frapper, à m'étrangler, et à me frapper à nouveau. [...] À cet instant, mon esprit disjoncte, sortant de mon corps pour l'observer par le haut. [...] Malgré mes efforts, je n'ai plus de souvenirs de la suite des événements, puis que je me retrouve dans un parc, et enfin dans un train. Rentrée à Toulouse, je vis recluse, traumatisée."

"J'ai dû cesser de travailler, et j'ai perdu la garde de l'un de mes enfants"

Après cette scène traumatisante pour la jeune dramaturge, celle-ci explique avoir voulu prendre ses distances. "Mais Philippe Caubère ne l'accepte pas, explique-t-elle, et me menace en m'indiquant qu'il a beaucoup d'argent et qu'il a les moyens de me faire tuer, tout en m'accusant par SMS de 'vouloir sa mort'. Là, j'ai totalement perdu pied, et j'ai été victime de dépression pendant plusieurs années, je ne pouvais plus fonctionner. J'ai dû cesser de travailler, et j'ai perdu la garde de l'un de mes enfants, qui demeure aujourd'hui avec son père. Ma vie est brisée et je ne vis plus, depuis, que dans le combat contre les violences, qu'elles soient faites aux femmes, aux enfants ou aux animaux."

"C'est une histoire digne de Tariq Ramadan"

Contacté par le HuffPost, Philippe Caubère ne nie pas la relation sexuelle, mais affirme qu'il ne s'agissait pas d'un viol. "C'est une histoire digne de Tariq Ramadan. Accuser de viol, c'est très grave, c'est un crime", résume-t-il. "Ces accusations sont insensées. Nous sommes un couple très libre et nous l'assumons. Mais jamais je ne partagerais la vie d'un violeur", ajoute Véronique Coquet, sa compagne et productrice.

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