Celle qui se fait appeler "Marie" dans les médias, par peur des représailles, s'est confiée auprès d'Europe 1. Cette femme de confession musulmane, la troisième à avoir déposé plainte contre l'islamologue déjà accusé de viols par deux autres plaignantes, a raconté son calvaire. 

Elle est la troisième femme, en France tout du moins, a avoir déposé plainte pour viols contre Tariq Ramadan, actuellement en détention à la prison de Fleury-Mérogis (Yvelines). Française de confession musulmane, elle souhaite garder l'anonymat par peur des représailles. Elle affirme avoir été violée par l'islamologue suisse, qui lui aurait infligé de véritables humiliations lors d'agressions sexuelles particulièrement violentes. Des viols qui auraient eu lieu de février 2013 à juin 2014, en grande majorité dans des chambres d'hôtel que Tariq Ramadan louait en marge de ses conférences en France, à Bruxelles et à Londres.

Cette troisième plaignante, âgée d'une quarantaine d'années, s'est confiée à nos confrères d'Europe 1. «J'avais du mal à dire ce mot: «viols». Aujourd'hui j'arrive à le dire, et je ne veux pas que d'autres personnes subissent ça», explique-t-elle. La mère de famille musulmane raconte que Tariq Ramadan lui-même a pris contact avec elle sur Facebook. «J'ai été touchée et flattée qu'il vienne vers moi», admet-elle. Marie (comme elle se fait appeler), s'est donc confiée sans crainte à l'islamologue reconnu dans la communauté musulmane au sujet de son passé d'escort girl. 

Par la suite, la quadragénaire et Tariq Ramadan se sont rencontrés pour la première fois en février 2013, dans un hôtel bruxellois. «Tout de suite ça a dérapé dans une violence que je n'imaginais pas», souligne Marie. Traumatisée, en état de choc, elle explique alors avoir voulu quitter l'hôtel, mais le prédicateur serait entré dans une colère noire : «Aussitôt il m'a reproché mon départ, en me disant que c'était un complot, que j'étais envoyée par ses ennemis et que je le regretterais», raconte-t-elle. 

"Salope, chienne, pute, obéis, connasse, tu es mon esclave"

Tariq Ramadan se serait alors mis à menacer Marie de révéler son passé d'escort girl. «Il menaçait de dévoiler nos échanges, de me mettre à nu. Il fallait que je lui obéisse», explique la Française. Des menaces qui se seraient intensifiées au fil du temps, devenant de plus en plus violentes et vulgaires : «Il utilisait toute sorte de mots pour me qualifier et me dégrader : "salope, chienne, pute, obéis, connasse, tu es mon esclave". J'étais dans la peur constamment».

La dernière fois que Marie aurait été contrainte de rencontrer Tariq Ramadan, elle a «cru mourir». «Il était d'une extrême violence, comme jamais je n'ai pu le vivre dans ma vie. Ça a été la pire nuit de ma vie», conclut-elle, encore traumatisée.

Réagissez !

Vous devez être connecté pour commenter

L'appli !

L'application mobile Le Vrai Site

Téléchargez maintenant !