Colère après la tentative de perquisition à Mediapart

Ce lundi, une tentative de perquisition a eu lieu dans les locaux de Mediapart, suite à la publication, la semaine dernière, d'un article révélant des enregistrements sonores dévoilant une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crasse, le 26 juillet dernier. Mediapart a refusé l'accès à sa rédaction aux magistrats venus la perquisitionner. L'opposition politique a immédiatement apporté son soutien au média. 

Ce lundi en fin de matinée, deux procureurs et trois policiers ont tenté de perquisitionner les locaux de la rédaction. Cette dernière a refusé cette intrusion. Une tentative de perquisition qui a eu lieu quelques jours après la publication de Mediapart d'un article fondé sur des enregistrements téléphoniques entre Alexandre Benalla et Vincent Crasse, le 26 juillet dernier. Le premier se vantait auprès du second d'avoir le soutien total du président de la République. 

Sur Twitter, la rédaction de Mediapart a motivé son opposition à la perquisition en expliquant : "Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d'atteindre le secret des sources de notre journal. C'est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, un acte inédit - et particulièrement grave - dans l'histoire de Mediapart."

Mediapart a reçu un soutien massif de l'opposition, à commencer par La France Insoumise et le député du nord Adrien Quatennens, qui a toutefois semblait reprocher à Mediapart son manque de soutien lorsque les locaux du parti ont été perquisitionnés. 

"Des perquisitions politiques? Mais quelle horreur! N'est-ce pas Mediapart?" a-t-il écrit, ajoutant un peu plus tard : "Macron n’avait-il pas encore coché toutes les cases de la dérive autoritaire?"

"Tout mon soutien à Mediapart (malgré nos désaccords) pour rappel: la protection des sources d'information des journalistes, appelée aussi 'secret professionnel', est la base de la déontologie du journalisme et de la liberté de la presse, avec la vérification des faits", a pour sa part souligné la députée insoumise Caroline Fiat.

"On n'a plus le droit d'enquêter sur les amis du président, en France?", s'est insurgé de son côté Ian Brossat, tête de liste du PCF aux européennes. 

Benoît Hamon est également sorti du silence. "Le secret des sources est un sanctuaire que tout démocrate sincère doit protéger car il permet aux journalistes de divulguer des informations indispensables à la manifestation de la vérité. L'ingérence du pouvoir dans le travail de Mediapart est une nouvelle dérive autoritaire", a-t-il déclaré, avant d'insister : 

"L'affaire des perquisitions contre Mediapart sur réquisition du parquet pour violer le secret des sources, relève de la même logique que la loi anticasseur. Nous assistons à ce qu'il faut bien appeler sans excès de langage, une dérive autoritaire et liberticide du pouvoir actuel."

À droite également, la colère est de mise.

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