Les journalistes visés par la mafia

L'ONG Reporters sans Frontières le démontre dans un rapport publié fin novembre, les journalistes sont régulièrement pris pour cible par la mafia, à travers le monde. 

En 2017 et 2018, plus d'une trentaine de journalistes ont perdu la vie, tués par des organisations secrètes dont les ramifications s'étendent bien souvent dans plusieurs pays. "La pieuvre a étendu ses ramifications autour de la planète, plus vite que toutes les multinationales réunies", souligne ainsi le journaliste d'investigation Frédéric Ploquin, auteur du rapport. 

"Se taire ou mourir"

Dans ce même rapport, Reporters sans Frontières (RSF) dénombre également au moins cinq tentatives d'assassinats sur des journalistes, commanditées et exécutées par des individus issus de la mafia. Un nombre qui ne prend pas en compte "les nombreuses agressions, menaces et destructions de médias". Les journalistes se voient ainsi forcés de faire un choix cornélien : "se taire ou mourir". 

Le rapport de RSF met un autre chiffre en lumière, terrible : au moins dix journalistes ont été tués par la mafia au Mexique, au Brésil et à la frontière colombienne. En Inde, Sandeep Sharma, journaliste d'investigation qui enquêtait sur la "mafia du sable" est mort écrasé par un camion-benne. 

En Europe, les journalistes Daphne Caruana Galizia et le jeune Jan Kuciak ont également été assassinés par la mafia. La première en 2017, dans l'explosion de sa voiture à Malte, le second tué avec sa compagne en Slovaquie, en février 2018. Tous deux enquêtaient sur la mafia italienne et ses liens avec certains hommes politiques et businessmen. 

Rubriques

Médias