Les deepfakes nous troublent profondément.

Vous avez déjà vu des deepfakes, ces vidéos fabriquées de toutes pièces mais hyperréalistes– par exemple, celle où l’on voyaitObama insulter Donald Trump . Si vous trouvez que c’est inquiétant, vous vous trompez : c’est pire. Uneéquipe de chercheurs allemands et néerlandais a présenté à 210 volontaires des deepfakes et les vidéos authentiques qui leur avaient servi de base. Résultat : les sujets ne parviennent pas souvent à distinguer le vrai du fake. Pour 11 des 16 vidéos proposées, ils ne font pas mieux que s’ils tiraient à pile ou face. Ce n’est pas un problème d’inattention : avec une incitation financière, leur performance ne s’améliore pas. Deux détails aggravent le tableau. D’abord, les participants – pourtant avertis de l’objet de l’étude – ont un biais "crédule" : ils se trompent plus souvent en prenant le faux pour du vrai que dans le sens inverse. Et surtout, ils surestiment grandement leur aptitude à distinguer les fakes : quand ils tombent dans le panneau, ils sont absolument confiants dans leurs jugements ! Bref, les deepfakes sont le piège parfait : celui dans lequel on est certain – mais à tort – qu’on ne tombera pas. Comme dit la chanson : ça nous prépare une belle pagaille…

 

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