Condamnation injuste

Ce vendredi, un militant des droits de l'Homme a été condamné à six ans de prison pour atteinte à un magistrat, en Zambie. Son procès est qualifié "d'extrêmement injuste" par Amnesty International. 

Alors que ces dernières années, le régime zambien s'est durci, l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International dénonce un procès "extrêmement injuste" dans le pays, qui a donné lieu à une condamnation particulièrement sévère pour un militant des droits de l'Homme : six ans de prison pour outrage à magistrat. 

Gregory Chifire, directeur du Southern  African Network Against Corruption (Réseau d'Afrique australe contre la corruption), s'était interrogé sur la pertinence d'un jugement, prononcé par la Cour suprême de Zambie, un peu plus tôt cette année. Ce tribunal venait de casser le jugement d'une autre juridiction dans une affaire qui impliquait deux grandes sociétés locales, la banque Stanbic et l'entreprise Savenda Management Services, qui était accusée de ne pas avoir remboursé ses emprunts. 

Pour Gregory Chifire, la Cour suprême avait « ignoré des preuves absolument cruciales ». Le directeur du Southern  African Network Against Corruption avait donc émis une réclamation auprès des autorités judiciaires. Pour ce simple fait, il vient d'être condamné à six ans de prison pour outrage à magistrat. Une peine prononcée en son absence. « Nous allons demander à la police de le trouver », a déclaré le juge Marvin Mwanamwambwa, qui a prononcé ce jugement. 

« Ce procès est un affront fait à la liberté d’expression. Le seul crime de Gregory Chifire est d’avoir demandé que la justice zambienne rende des comptes », estime le directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique australe, Deprose Muchena. 

En Zambie, le président Edgar Lungu, réélu en 2016, est régulièrement accusé de dérive autoritaire par ses opposants politiques. L'année dernière, ce dernier n'a pas hésité à faire emprisonner Hakainde Hichilema, son principal rival. 

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