Racisme dans une affaire de condamnation à mort

Curtis Flowers a été jugé à six reprises pour le meurtre de quatre personnes à Winona (Mississippi) en 1996. A chaque fois, des jurés noirs ont été écartés de cette procédure. La personnalité du procureur fait planer de forts soupçons de racisme. 

Ce mercredi, la Cour suprême des États-Unis examine de nouveau un dossier criminel hors-norme : celui de Curtis Flowers, homme noir jugé à six reprises pour le même crime et qui ne cesse de clamer son innocence. 

La haute cour est amenée à se prononcer cette fois-ci sur le procureur en charge du dossier, afin d'établir s’il a volontairement écarté du dernier procès de 2010 des jurés noirs. Un procès à l'issue duquel Curtis Flowers a été condamné à mort. 

"Curtis Flowers a toujours été jugé par un jury entièrement blanc, ou quasiment, alors que les Afro-Américains représentent environ 50% de la population là où les crimes ont été commis", dénonce la journaliste Madeleine Baran. 

Toute l'affaire débute le 16 juillet 1996 à Winona, bourgade du Mississippi. Quatre personnes sont froidement abattues dans un magasin de meubles. Curtis Flowers, ancien employé de ce magasin, est arrêté en janvier 1997 sur la base de témoignages le localisant aux abords des lieux du crime. L'homme a depuis été jugé à six reprises, des procès durant lesquels il s'est toujours dit innocent. 

Six procès au cours desquels Curtis Flowers n'a pas été blanchi, les trois premiers se soldant par des reconnaissances de culpabilité annulées pour vices de procédure, les deux suivants ne débouchant sur aucun verdict, faute d'unanimité parmi les jurés. Des procès menés par le même procureur, Doug Evans. 

Doug Evans, qui à cause de ses errements a causé l'invalidation des trois premiers procès de Curtis Flowers, est accusé d'avoir discriminé des jurés noirs lors des derniers procès. La  Cour suprême américaine doit maintenant se prononcer à ce sujet, d'ici juin.

"Si elle annule la condamnation de Curtis, le problème va juste se reposer à nouveau", souligne Madeleine Baran. "Même si elle juge que le procureur a violé la Constitution, il pourra toujours rejuger Curtis, qui pourra à nouveau faire appel..." Un cercle qui semble sans fin pour cet homme qui a passé plus de la moitié de sa vie en prison. 

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