Les Haïtiens déportés du Bahamas

Au cours des trois dernières semaines, le gouvernement des Bahamas a arrêté et demandé l'expulsion de plus de 340 Haïtiens sans papiers, selon un responsable du gouvernement haïtien. L'ONU a confirmé que 112 de ces personnes sont arrivées à Port-au-Prince.

Le fonctionnaire, qui a demandé à rester anonyme par crainte de représailles, déclare que les autorités bahamiennes continuent d'expulser un grand nombre d'Haïtiens sans respecter le protocole et de les transporter dans une région qui "n'est pas en état de les accueillir”. Port-au-Prince continue d'être "bloquée" en raison des protestations, mais le fonctionnaire a déclaré que les demandes d'expulsion ne cessent d'arriver. Il est estimé que plus de 40 000 Haïtiens vivent aux Bahamas, ce qui en fait la plus importante population immigrante du pays. Selon les experts, ce nombre est probablement beaucoup plus élevé parce qu'il ne tient pas compte de ce que l'ONU appelle les "apatrides" qui ne peuvent pas appartenir officiellement à un pays avant de pouvoir demander la citoyenneté aux Bahamas quand ils auront 18 ans.

Poussés par la violence, l'agitation gouvernementale et les impacts durables d'un tremblement de terre historique en 2010, des dizaines d'Haïtiens se sont installés dans des bidonvilles bahamiens et ont travaillé comme nettoyeurs, cuisiniers, jardiniers et journaliers. Mais leur présence aux Bahamas a longtemps été méprisée et stigmatisée. Les responsables gouvernementaux se sont montrés ouvertement xénophobes en promulguant des lois strictes en matière d'immigration qui, selon les critiques, visent à faciliter les expulsions. Les autorités mènent des raids quotidiens, retirent des hommes de leurs vélos dans la rue et fouillent les chantiers, exigeant des papiers. Sur l'île de Great Abaco, la principale présence gouvernementale est celle d'agents d'immigration conduisant des jeeps blanches et un vieux bus, traversant lentement les quartiers haïtiens, arrêtant et interrogeant les gens, puis les conduisant dans un centre de détention et, finalement, à l'aéroport.

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