L'opératrice du Samu, qui n'a pas transmis l'appel de la jeune femme en détresse au médecin, comme l'exige la procédure, a accordé une interview à une journaliste de M6, par téléphone. Elle dit ne pas vouloir "porter le chapeau" pour un système défaillant et dénonce ses conditions de travail. 

"Bon si vous me dites pas ce qui se passe, je raccroche""on va tous mourir un jour"... Ces propos, tenus à Naomi Musenga en décembre 2017, ont déclenché un vaste scandale sur le fonctionnement du Samu. Alors que l'opératrice avait au téléphone une jeune femme visiblement en grande souffrance, elle ne lui a pas passé le médecin du Samu comme le prévoit pourtant la procédure. Aujourd'hui mise à pied, l'opératrice du Samu a accordé sa première interview depuis la médiatisation de cette affaire.

Interviewée par une journaliste de M6, au téléphone, l'opératrice explique : "Je suis lynchée sur la place publique. Je pense que si les gens connaissaient mon visage et mon nom, je ne serais peut-être plus de ce monde aujourd’hui. Je suis à la maison. J’ai eu des collègues qui ont eu des menaces, oui bien sûr, des menaces et les équipes qui interviennent sur le terrain, elles risquent aussi d’être caillassées ou ce genre de choses." 

"Avec le recul, vous regrettez un peu cette phrase ?", lui demande alors la journaliste. 

- "Je veux dire… dans les conditions... elle est mal venue."

- "Mais vous ne lui passez pas les médecins… alors qu’elle vous dit qu’elle est très faible et très en difficulté."

- "Oui, je ne peux pas vous répondre à cette question, ça va rentrer dans les questions qu’on va me poser…" 

L'opératrice souligne également qu'elle "ne veut pas porter le chapeau pour le système. On est sous pression en permanence, on travaille 12 heures. En tout cas à Strasbourg, on travaille 12 heures d’affilée. Ce sont des conditions de travail pénibles. Je peux rester deux ou trois heures accrochée à mon téléphone parce que je peux pas me lever, tellement ça déborde de partout. Quand on passe en procédure dégradée parce qu’il y a beaucoup plus d’appels que de monde pour les gérer, on n’arrête pas. On raccroche et on décroche. On raccroche et on décroche."

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